Sinon, le programme de ce soir c'est Into the wild, ou comment un gars qui n'a pas vu 30 jours de nuit cherche à aller en Alaska.
Alors lecteur, arrête ton char et descends un peu voir ici si je te bats de vitesse. Par ce que quelque part, ça se pourrait. Car je suis comme Melo, je cours comme un ruisseau. Déjà trois films pour 2008. En bref, ça donne : bof, bof et bang! En un poil plus long, tu peux lire ça :
Mon premier est je suis une Actrice(s) mais je veux aussi jouer à être réalisatrice. Du moment que ça reste en famille. Le problème c'est qu'avec Valéria Bruni Tedeschi, ça devient vite incestueux. Certes, elle nous épargne la romance de son ex top modèle de soeur mais par contre, la place particulière de Louis (oh oui!) Garrel, le rôle de sa mère Marisa Borini, les parties données aux amis Amalric, Lvovsky, etc.. tout ça tourne un peu en rond avec un melimelo d'autobiographie pas si intéressante que ça et de fiction pour donner le change en monnaie de singe. Mais c'est vrai que les films sur les acteurs, à part Esther Kahn,... Ce petit mais long métrage sans conséquence m'a juste donné envie de revoir Un mois à la campagne de Tourguéniev. Au suivant!
Mon deuxième est une mignardise bien policée au royaume du petit pull en angora et du trench Burberry. Un baiser s'il vous plaît, à ne pas confondre avec Embrasse-moi mortellement, oscille entre ridicule et légereté. Ou disons qu'il est ridiculement léger (l'inverse n'étant pas vrai). Les personnages sont crispants de candeur. Et je le déclare tout net, ce film n'est pas du tout, mais alors pas du tout crédible. Il est absolument impossible de quitter Stefano Accorsi. Il est beau, il est italien, il est beau, il est italien, il est beau, il est... Au suivant!
Mon troisième est un objet cinématographique au genre indéterminé. XXY, film franco spagnolo argentino traite de l'hermaphrodisme chez une jeune adolescente de quinze ans. Tourné en lumière surexposée permanente sur les côtes sauvages uruguayennes, il suit Alex et le trouble qu'elle provoque chez son entourage. Entre la perfection et la monstruosité, le corps d'Alex attire, répulse, intrigue. On ne peut s'empêcher de l'imaginer, de le phantasmer pour se rendre compte que peut être, contre toute attente, ça n'a pas tant d'importance. D'une position spontannée de pro-opération, on en vient à accompagner Alex dans son cheminement à la recherche de son identité. Ou comment elle/il transforme une difformité en une unicité qui la/le rend d'autant plus désirable. Non, mais il faut dire qu'Alex a de ces yeux...Donc, comme il faut quand même garder une attitude critique, je reprocherai à XXY une tendance à marquer de manière appuyée les conflits psychiques par des images un peu trop évidentes (la mère qui coupe une carrotte, les tortues mutilées etc) et une concentration, pour les besoins narratifs, de toute la tension de cette condition particulière qui s'inscrit nécessairement dans la durée, sur la seule visite d'amis ce qui donne un petit arrière goût d'artifice. Mais bang quand même, on est d'accord!
Sinon, je cherche quelqu'un pour aller voir 30 jours de nuit, parce que j'ai peur d'avoir peur toute seule dans la salle obscure.
Je ne sais si c'est parce que j'étais légèrement énervée cette nuit là mais à la fin de La graine et le mulet, j'ai tout simplement failli crier/pleurer de joie. Et j'ai dû me
trémousser en soufflant plusieurs fois pour me contenir, à tel point que ça en devenait presque douloureux. Oui, ok, j'ai eu un orgasme cinématographique, oui, ok, il fallait que je vous en
cause.
Pourtant, comme dans les belles histoires de sexe, c'était pas forcément bien parti. J'avais vaguement fait le lien avec L'esquive, mais putain, l'affiche de La
graine et le mulet, elle est quand même pas top sexy. Disons que j'y suis allée à reculons et disons que les premières minutes ont confirmé mon préjugé de petit film d'auteur sympathique
sur la vie d'une famille immigrée de Sète avec ses problèmes de travail, d'intégration, de relations intrafamiliales. C'est dingue comme on peut se tromper. C'est pas un petit film ce truc, c'est
un drame shakespearien. C'est une épopée antique. C'est du pur classique de celui des grands romans qui vous restent gravés dans la mémoire et vous accompagnent pour le reste de ce qui vous sert
accessoirement de vie. Et même dans une autre.
Au fur et à mesure qu'avance ce film d'amour, les personnages quittent progressivement la critique sociale pour revêtir leur costume de mythe et rentrer de plein pied dans leur légende.
Un père insignifiant devient Roi perdu dans les cours hallucinées d'une cité nocturne, une fille adoptive crâneuse et énervante se transforme en Salomé dansant pour sauver un rêve, mais dansant
avec une telle intensité que tous les notables mi racistes, mi mafieux de la ville veulent bien oublier pour un instant l'absence de la graine. La grande absente qui sera rendue par la nouvelle
concubine qui devra ravaler sa fierté pour donner au monde ce qu'un fils prodigue avait perdu. Quand je vous dis qu'on plane très haut et que ça fait mal au bas du ventre tellement
c'est bon.
Vous n'avez pas pu louper la sortie de I am a Legend, c'est facile, tu fais un pas dans le métro tu tombes sur la belle gueule d'amour de Will Smith et tu es presque d'accord
pour le choix du titre. Comme votre sémillante serviteur est un peu une naze ces derniers temps, elle l'a loupé quand même. Qu'à cela ne tienne, après avoir squatté les
commentaires depuis quelques mois, ce soir c'est Sébi qui passe de l'autre côté du miroir et met son fil à la patte. Du (j'ai pas osé mettre
fin) fond du un trois, voici une critique de cinéma par un monsieur qui d'habitude se vante de ne pas en faire! Mais en ce moment c'est Noël tous les jours :
"On lit ça et là que I Am Legend serait la version sous stéroïdes de 28 Days Later. Bon.
Bref I Am Legend c'est un divertissement sympa, mais qui traumatise beaucoup moins (et beaucoup moins longtemps) que 28 Days/Weeks Later. Les stéroïdes on les gardera pour le
marketing. Moi je préfère la terreur british."
Merci copain! J'ai la réponse à aucune de tes questions mais tu as gagné une superbe photo de Kitty suppliciée (ben oui, tu es père de famille quand même).