Lundi 10 décembre 2007
Cette semaine deux exemples très réussis de  prétention artistique. Ceci dit chacun se débat avec ses propres démons et grâce à mon esthétique de midinette, je suis encore tombée dans le panneau. Dans l'ordre chronologique :

I'm not there. J'ai l'impression d'écrire une critique sans fin mais je trouve qu'il est très périlleux de faire un film sur les univers musicaux. Quand le film se veut en plus à tendance biographique, ça devient réellement casse gueule. J'ai quelques exemples sous le coude mais on va quand même pas se facher. Donc Bob Dylan, c'est pas une candle in the wind, faut pas déconner, il a quand même failli avoir le prix nobel de littérature. C'est quelque chose. Et s'attaquer à un monument, il faut avoir pas mal de culot et de prétention. Ca tombe bien Todd Haynes, il a tout ça et de l'imagination en plus. Dans son (très beau) flim, il fait interpréter à 7 acteurs différents dont un jeune enfant noir, une femme (une jeune débutante pleine d'avenir),etc, 7 facettes du phénomène Dylan. En sautant du poète à l'auteur engagé, de la star internationale à l'homme à femmes père de famille, s'ils ne répondent jamais au nom de Dylan, les personnages par leur succession et leurs entrecroisements donnent une certaine vision de la complexité du chanteur. Alors oui c'est cliché, alors oui c'est parfois poussif, mais en même temps diablement efficace. Haynes réussit le difficile pari de faire un film indépendant de son sujet. Au moins un qui pèche par orgueil et non par vanité.

Concernant Lumière silencieuse, c'est nettement plus flou. La plongée dans la communauté mennonite de Chihuahua n'a rien de très funky (mon mot du moment). La vie simple et lente, les moeurs rigides et lentes, les paroles rares et lentes. Autant vous dire que l'histoire d'adultère de ce bon et religieux père de famille ne fait pas monter l'adrénaline. On est même un brin dégoûté par le long baiser qu'il échange avec son illégitime. Non, non, ce n'est pas la moralité qui m'étouffe mais la manière de filmer de Carlos Reygadas. Avec sa caméra intrusive que ce soit par les images ou par les sons, on pénètre de force dans la zone d'intimité interdite. Vous savez quand quelqu'un met son visage à 10 centimètres du vôtre alors qu'il n'est pas même votre chéri, une agression caractérisée. Je tiens beaucoup à mes cercles de sociabilité, distance minimale 60 centimètres. Donc quelques scènes franchement gerbantes, notamment avec un chien, mais aussi de très belles images très prétentieuses et arty. Les enfants tout de blanc vêtus se baignant dans un réservoir à l'ombre d'une chaude journée d'été rattraperaient presque les 2:16 d'inconstance paternelle.

Tiens, ça faisait longtemps qu'on ne vous avait pas parlé de Zinédine Zidane, non?
par Melimelo publié dans : Flims
Dimanche 9 décembre 2007
Cette fois, le défi n'a pas été facile. Pour voir The Warriors, il ne suffit pas de pendre ses bottines à son coup et de trotter jusqu'au cinéma le plus proche, il faut *louer un dvd*. J'avais jamais fait. D'ailleurs, je n'ai pas pas de lecteur. Enfin, j'ai un ordimini avec écrit DVD sur le côté mais comme la technologie et moi on s'est jamais vraiment bien entendues, il a bien fallu trois tentatives avec mise en place de solutions inovantes à chaque fois. Le truc positif c'est que le grand brun aux yeux verts de Oscar DVD Club se souvient de moi maintenant, certes comme celle qui a loué The Warriors trois fois de suite, mais ceux qui courtisent le savent bien, ce qui compte c'est de faire impression.

Une fois ces difficultés surmontées, que du bonheur. Le staïle, baby, le staïle!!  Ca commence par un grand meeting dans le Bronx de tous les gangs de NYC, en vue de mettre la main basse sur la ville plutôt que de s'entretuer pour la défense de leur petite parcelle de territoire. Un grand élan de générosité et d'utopie. Une internationale de la racaille. Seulement Cyrus, le gourou charismatique se fait assassiner durant la cérémonie et tous les gangs pensent que ce sont les Warriors qui ont fait le coup. Pour eux, la nuit sera longue pour rentrer à Coney Island.

En 1979, ça avait l'air plutôt funky NYC, tous les bad boys étaient déguisés suivant un thème. Par exemple les Warriors étaient en petits gilets en cuir, les Riffs sobrement en noir, etc. Plein d'idées pour les futures soirées. Et puis, j'adore mais vraiment j'adore les séquences avec la black aux platines qui envoie les messages aux bumpers of the block. Groove it baby!


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nota bene : on se calme, c'est du nutella, ok? c'est du nutella. Lick it baby!

Soo...Melody a toujours une longueur d'avance à défaut d'avoir de l'esprit et la peau bronzée.
par Melimelo publié dans : Flims
Dimanche 2 décembre 2007
A prendre son temps pour écrire des posts, on oublie pas mal de choses mais on peut aussi avoir des petites illuminations post synchronisées.

La preuve par l'exemple pour My blueberry Nights.

L'histoire autour du film : J'avais soigneusement évité de voir In the mood for love et 2046 pour avoir l'occasion de me taire dans les dîners en ville. J'avais vu Cungking Express mais à l'époque je ne l'avais pas fait exprès et celui-là les gens bien cultivés n'en parlaient généralement pas. Cependant, comme je suis faible et mal renseignée, je me suis pointée voir Mes nuits à la myrtille en pensant découvrir un jeune réalisateur prometteur. Exit le boycott.

L'histoire du film : coeurs éprouvés, coeurs abîmés s'abstenir.

Quatre jours après le film : Plutôt une bonne impression avec une mention spéciale pour le jeu des acteurs. Norah Jones avec son petit air d'Asia Argento, en plus sainte nitouche disons, engloutit sa crème fraîche avec conviction. Jude Law est pour une fois plus bon (acteur) que beau. Rachel Weisz est tout simplement sublime et m'a donné des idées coiffure pour la nouvelle année. Nathalie Portman nous file le stress avec une facilité déconcertante qui laisse à penser que la miss ne doit pas être easy going tous les jours; elle m'a par ailleurs donné des idées non-coiffure pour la nouvelle année. Chan Marshall fait un peu la nique à Norah parce qu'elle montre qu'on peut être une super actrice ET une super chanteuse. Et the last but not least, David Strathairn m'a complétement bluffée et c'est vraiment ce qu'il me restera de ces nuits, les yeux de David qui vacillent et qui dévissent.

Le flash du film :  alors Wong Kar Wai, c'est émouvant, c'est esthétique gnagnagnagna mais j'y pensais plus vraiment il faut dire quand en pleine méditation contemplative devant mon tableau croisé dynamique des P&L Year to Date de l'activité Interest Rates Derivatives,* flash* flash* flash*. Mais bien sûr!  L'histoire du bocal nous donne les clefs du film. Avez-vous remarqué que les scènes dans le café sont toujours tournées de l'extérieur à travers les vitres comme si on observait les personnage à l'intérieur d'un ... bocal? Petit scarabée, je te laisse méditer sur la profondeur de cette réflexion et sur toutes ses implications, moi j'ai des macros Excel à programmer, parce que monsieur le président, ça rigole pas ici-bas!
par Melimelo publié dans : Flims
Lundi 26 novembre 2007
... quand je me suis dit qu'il fallait que j'arrête de m'obstiner, que si je trouvais que tout était plat, sans intérêt et stupide, c'était peut-être aussi que je choisissais des grosses daubes et qu'au lieu de croire à tout prix qu'il y avait une lueur d'espoir dans les thrillers français, il fallait un bon Back to basics!

Et pour moi, un bon BtoB, à défaut d'un La vie aquatique à se mettre sous la dent, ça veut dire un petit film intello, si possible étranger, avec un beau mec dedans, si possible torturé. Comme De l'autre côté tout était possible, en Turquie en plus et sans référence aux racines chrétiennes en outre, je me suis tout de suite sentie bien dans ce film. C'est fin, délicat, ensoleillé, drôle, triste, dépaysant, un peu long aussi parfois. Ben oui, la longueur, mine de rien, c'est important pour les films dits d'auteurs. Et surtout il avait un petit goût de madeleine, quand j'éprouvais mes premiers émois cinématographiques dans l'amphithéâtre à moitié vide de la seule salle d'art et essai de la ville. Là, je compris deux choses. Primo, bien que ça me fasse plutôt mal au cul, j'étais en général plus d'accord avec les critiques de Télérama que celles de Télé 7 jours et renier son enfance, c'est pas joli joli. Secundo, je ne serais jamais prof par pur esprit de contradiction avec les autres spectateurs décrépis et solitaires du dernier Wim Wenders.

Vous n'êtes pas plus avancés, mais De l'autre côté moi, je suis bien rassurée.
par Melimelo publié dans : Flims
Dimanche 25 novembre 2007
La chambre des morts, ça avait beau être mon idée, c'est pas pour ça qu'elle était forcément brillante celle-là. D'abord on n'en a pas pour son argent parce qu'il manque le but évident de nous faire peur. D'ailleurs, le burlesque/ridicule prend souvent le pas sur l'horreur, ce qui n'est pas forcément bon signe surtout quand ça n'est pas intentionnel. Ensuite parce que je le classerais dans le même torchon que Les rivières pourpres (et là ça fait vraiment peur), à deux détails près :
- la scène de la poursuite en course à pieds s'essouffle bien trop vite, contrairement aux rivières où il y avait, il faut bien le reconnaître, une scène de temps suspendu ;
- Mélanie Laurent éclaire le film de sa présence ce qui n'était pas forcément le cas de Jean Reno.

Bref, étais-je en train de devenir cinéphobe? N'étais-je plus capable d'émotions devant toutes ces histoires plus minables les unes que les autres que je m'ingurgitais? Devais-je commencer la peinture sur soi au nutella pour occuper mes soirées? J'en étais à ce point de mes réflexions quand...
(à suivre)

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nota bene : mais que se passe-t-il? mon corps se transforme!!
par Melimelo publié dans : Flims
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