Dimanche 4 novembre 2007
Michael Clayton est un film inutile. Il serait alors inutile d'écrire une chronique à son sujet si je ne m'étais pas dit un jour radieux de janvier 2007, toi ma fille, tu vas écrire sur ton blog une critique pour chaque flim que tu vas voir durant cette année. Comme je suis maniaco obsessionnelle à tendance répétitive, j'ai bien sûr relevé le défi : j'ai vu des flims et j'ai écrit des posts, j'ai vu des flims pour écrire des posts, j'ai écrit des posts avant de voir les flims... Je les ai tous commentés, bien consciencieusement (tous sauf un)(non rien).

Bref, me voilà collée à devoir écrire quelque chose sur Michael Clayton, qui peut se résumer très justement par son affiche. D'une esthétique totalement convenue et avec un énorme George Clooney au milieu. Sur l'affiche on comprend qu'il exerce un métier très corporate, grâce au petit attaché case et qu'il a des gros sushis. Avec une mention spéciale pour le ridicule de la scène de l'épiphanie télépathique avec les trois chevaux. Voilà un résumé qu'il est bon! Ca suffira bien pour te convaincre d'aller voir ailleurs dans le pré car l'herbe est toujours plus verte que dans le bonheur, alors cours y vite!!
par Melimelo publié dans : Flims
Samedi 3 novembre 2007
Les jours où je ne travaille pas, j'aime bien aller voir des films sur le travail. Ca me repose. Par exemple, J'ai (très) mal au travail, le documentaire de Jean-Michel Carré sur les nouvelles méthodes de management qui permettent à l'homme moderne de surpasser chaque jour sa productivité. Le problème, c'est qu'on y apprend pas grand chose. Le travail est motif de stress. Soit. On s'en était rendu compte non? Le milieu professionnel favorise les comportements agressifs et prédateurs. Oui? Mince, je croyais aller au royaume des bisounours chaque jour, quelle naïve je fais. La pression faite sur le salarié envahit sa sphère privée en le privant justement du recul nécessaire pour se désolidariser de son entreprise et cela est amplifié par les mutations qu'a connues le capitalisme ces vingt dernières années. Oui, c'est vrai, et une tournée d'ordiminis pour tout le staff! et un stage de survie dans le Gévaudan Brigitte! Ca c'est du côté des cadres. Du côté ouvrier, c'est encore pire. Les emplois répétitifs et dévalorisants sont menacés par la concurrence internationale. Le syndicalisme se casse la gueule. Bref, le tableau n'est pas rose. Ni même rouge. Comme on s'en doutait déjà d'ailleurs.

Donc, le film de Jean-Michel propose une bonne piqûre de rappel mais n'en attendez pas plus. Un bon petit reportage d'Envoyé Spécial pour les gens comme moi qui par un malheureux concours de circonstances n'ont pas la télé chez eux. Sans vraie proposition d'analyse et surtout sans tentative de mieux cerner les phantasmes collectifs qui se cachent derrière les mots comme MONDIALISATION (bouh! vous avez eu peur là?), etc. Il reste les interviews, ces bribes d'existences qui sont toujours bonnes à prendre, en bons petits voyeurs que nous sommes.
par Melimelo publié dans : Flims
Dimanche 28 octobre 2007
Le nouveau film de Gus Van Sant commence sur une scène d'ouverture terrifiante. En effet, après trois minutes tu commences à te dire, zut, j'étais pas si en retard que ça finalement, c'est encore cette pub pour ce soda commençant par un S (faire de l'exercice chaque jour est bon pour la santé) que tu as vu X-fois. Et puis au bout de quatre minutes, tu commences à frissonner et à réaliser que non, que c'est vraiment LE film. C'est vraiment Paranoid Park, le park de skate le plus mal famé de Portland qui ouvre ce dernier opus sur l'adolescence. C'est vrai que tu aurais pu aussi le deviner si tu étais un peu plus observatrice et te dire que la musique branchouille  French touch derrière, c'était un peu trop pour un soda (ne rien grignoter entre les repas). Mais si tu l'étais, tu ne serais pas là. Donc, après cette ouverture à l'esthétique facile et une fois que tu sais où tu es (siège 23, deuxième rang à gauche), tu peux enfin mater le film sans complexe en toute décontrattitude. Mais même là, tu as un petit peu de mal à accrocher. Et puis, et puis...le talent fait son effet. Du néant absolu, Gus tire quelques moments qu'il me sera difficile d'oublier. En fait, il met de la profondeur dans le vide. Tout en tenant l'équilibre. Wouah.

Comme le dit Alex, notre jeune skateur homicideman, il y a plusieurs niveaux de profondeurs dans les évènements qui nous entourent. Il y a le niveau de l'apparence, ce qui est réellement en train de se passer comme prendre une douche, faire l'amour, conduire une voiture. Et puis, il y a le niveau de l'émotivité, la lecture personnelle de l'expérience, ce qui est véritablement en train de se passer. Comme ressentir chaque goutte d'eau tombant sur son corps. Comme n'en avoir rien à foutre mais foutre quand même. Comme flipper sa race en conduisant en s'enfonçant de plus en plus dans le silence. Et cela, Gus arrive magnifiquement à le capter. C'est déjà pas mal, non? Si tu ajoutes à cela une maîtrise de l'enchaînement des flash back, qui rend possible le cheminement jusqu'à la rédemption, ça fait en fin de comptes un film qui compte. Un deux et puis trois. La trilogie se finit.

En plus, je ne devrais vraiment pas critiquer, quand on pense que l'autre film sur l'adolescence qui sort la semaine prochaine c'est SuperGrave. Enjoy.
par Melimelo publié dans : Flims
Mercredi 24 octobre 2007
Peut-on écrire qu'Eric Rohmer a atteint dans son dernier film Les amours d'Astrée et Céladon un degré de ridicule et de grotesque rare? Peut-on supposer que la sénilité est la cause de ces saynettes bucoliques où de jeunes bergères gambadent dans les prés en laissant entrevoir des seins à la blancheur laiteuse?

Bien sûr, je peux l'écrire. Mais si j'en restais là, je ne serais pas si honnête avec moi-même. Car je dois aussi admettre qu'au-delà du plaqué des situations, des poses et des tonalités figées, j'ai cru reconnaître un écho des films de Rohmer que j'ai tant aimés. Comme une vieille mélodie usée. Comme une impression. D'été. Comme le jeune Melvil Poupaud débarquant sur le port de Saint-Malo pour un conte. D'été. Comme une jeune fille laissant voir ses délicieux genoux au bord du lac d'Annecy. En été. Comme on surveille l'horizon pour voir la couleur du dernier rayon de soleil. En été.

Alors, si on vous y invite, vous pouvez dire oui. Pour souhaiter un bonjour de courtoisie à de vieux souvenirs.
par Melimelo publié dans : Flims
Mardi 23 octobre 2007
Ben oui, contre toute attente, Jane était pucelle  et ... anglaise.  Entre autres révélations, on apprend ainsi en voyant Becoming Jane qu'elle ne fut pas brûlée en place publique mais condamnée à écrire des miévreries le reste de sa vie. Lesquelles deviendraient des siècles plus tard des flims très chouettes avec Kate Winslet dedans. Et aussi, on apprend qu'elle était très jolie. Un peu comme Anne Hathaway à notre époque par exemple. Et donc, si elle ne s'est pas mariée ce n'est pas qu'elle avait des soucis à trouver botte à son mollet mais plutôt parce qu'à l'époque la grande question qui tue était "Et toi tu dépends de qui?". Aujourd'hui ça serait "C'est quoi ton boulot?" ou le un peu plus direct "Tu gagnes combien?" ..."Par mois!!!??? naaaannn" (je devrais arrêter de fréquenter les bébés requins)(vous saviez que le plutôt libéral John Ford préconisait un multiple maximal de 50 entre le salaire des employés d'une entreprise)(aujourd'hui entre le smic de la femme de ménage et le jeune trader qui se fait 500 KEUR sans compter les bonus (multipliez par deux) c'est quoi le rapport? putain, je suis nulle en division)(mais je m'égare gaspard). Donc, à l'époque, la grande question était de trouver un protecteur qui pourrait entretenir la jeune personne sans le sou. Malheureusement entre Jane et son jeune ami, se dresse donc un vieil oncle peu enclin à aider le couple.

Parallèlement à cette peinture minutieuse de la réalité sociale et historique de Jane, on peut reprocher quelques imprécisions psychologiques. D'où mais d'où un jeune libertin devient du jour au lendemain le plus prude des hommes au contact d'une jeune oie blanche et naïve? Fidèle à la limite, mais prude? mais chaste? Du jamais vu avant le mariage. Du garanti romanoburlesque. Je ne sais pourquoi mais les Liaisons dangereuses me semblaient un poil plus accurate.

Pour conclure, Jane, si elle avait été blonde, elle aurait pu chanter à l'unisson avec notre France Gall nationale et avec un accent sooo cute :

Seule parfois je soupire, je me dis: "À quoi bon
"Chanter/Ecrire ainsi l'amour sans raison
"Sans rien connaître des garçons?"

Mais c'est vrai que pour Jane, Serge avait d'autres projets. Comme ceux d'une certaine Melody Nelson. Adorable petite conne.
par Melimelo publié dans : Flims
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