Le ping et le pong font de ce huit clos allemand une très bonne surprise. On se croirait un peu dans les Enfants terribles mais au pays du jeune Werther. J'ai vraiment aimé. Je ne vous fais pas une critique plus fouillée parce qu'il est un peu tard et que demain une rude journée m'attend avec rencontre au sommet sans langue de bois. On va adorer.
Demain, j'aimerais penser à cette histoire douce amère entre Paul et sa tante, dans la verdoyante Allemagne d'un été, quand les abeilles vous frôlent, que le lac est pollué. J'aimerais qu'il me reste un peu de cette ambiance malsaine pour affronter les atmosphères terrifiantes des bureaux aseptisés. Et j'aimerais que tu m'appelles mais chuuuutt.
Bobby est un bon film (malgré un nom ridicule (non mais je dis ça parce que le chien taré de ma tante s'appelait bobby (d'ailleurs je vais faire un post sur la vie des chiens (du moins ceux qui ont compté pour moi))). D'abord parce qu'il est parfaitement maîtrisé dans sa réalisation et dans son exécution. Dans sa réalisation avec un rythme soutenu, une tension dramatique qui monte qui monte et qui ne fait pas psshhiiiiitt. Dans son exécution avec un belle brochette d'acteurs au top. Il y a ses vieilles actrices ex sex symbols qui font passer dans leur visage marqué des émotions bien plus poignantes qu'un pic à glace. Il y a Elijah qui est boooooô. Il y a des jeunes rois. Il y a même Morpheus qui est plus convaincant qu'en matrixman. Bref il y a tout ça et c'est très bien pour nous.
Mais Bobby est aussi un bon film pour des raisons un peu moins éthérées. Parce que bien sûr c'est un film sur l'assassinat de B.F.K, futur président des USA en 1968, mais tourné en 2006, il est quand même difficile de ne pas faire la comparaison avec un président qui voulait arrêter la guerre du vietnam, qui se battait pour les idées défendues par Dr. King sur l'égalité et la justice dans son pays. Et la comparaison n'est pas flatteuse pour les States. Mais vu en 2007 en France, petit pays scarabé aux portes de l'Empire, ce film résonne aussi d'une drôle de comparaison avec une campagne pour laquelle on se sent bien incapable de s'enflammer pour une candidate de gauche. Je parle de la gauche parce que la solidarité on sait ce que cela représente pour les candidats de droite hein (là attention, pas de jugement à l'emporte pièce, je le tiens de jeunes UMPistes eux-mêmes qui ont déclaré 'la solidarité, mais on en a rien à foutre de la solidarité!!' (et un jour il faudra que je fasse un post sur la vie des jeunes UMPistes (mais c'est moins gentils que les toutous))).
Bref, la belle époque, en plus les gens ne mourraient même pas des balles dans le bide. Sauf Bobby. Bien sûr.
Kate et moi, c'est décidé c'est fini. Parce qu'autant The holyday, je me doutais un peu que ça allait être nul et du coup je n'ai pas été flouée sur la marchandise, autant The little children me laissait espérer un tant soit peu mieux. Et en fait rien. Tout ce qu'il y a de troublant dans ce film (si on exclut les yeux de Jennifer Connelly) c'est son affiche qui est 10 000 fois plus sulfureuse que la petite histoire toute simplette qui se cache derrière.
Quelque part aux USA, la quiétude d'une banlieue aisée est mise en danger par le retour d'un pédophile ayant purgé sa peine et d'une jeune femme mal à l'aise dans sa peau de mère et d'épouse. Tandis que le premier sème la panique par sa simple présence (la scène des dents de la mère est assez touchante), la seconde va se dévergonder en entraînant avec elle un jeune papa qui est aussi consistant qu'une tranche de fromage dans un cheeseburger. Bref, après 2:20, tout est bien qui finit bien puisque la maman se rend compte qu'elle a une fille, le pervers met fin de lui même à sa perversité et le jeune mari retrouve sa femme. Le spectateur est content, le monde est enfin rentré dans ses gonds et roule Raoul.
Little children est un fade American beauty pour le décors mais il n'a en rien la complexité et le trouble de films comme L.I.E ou Happiness. Mais de toutes façons, je n'étais pas d'humeur. C'est le coup de grisou.
Aller, pour me changer les idées je vais louer Mysterious skin en dvd ce week end.
I can't tell the faces but I remember the names,
It was high noon in the garden of heaven.
The brightness and heat were attacking the flesh
But no one wanted to flee from the hidden garden.
I can't tell the city but they are all the same,
It took place in the past but I can't say when.
From the city to the garden, from hell to heaven.
I can still read the names of the rotten garden
when no one wanted to leave the eternal Eden.
When the sun was so hot that it bit ravenously
The monstruous fruit of flesh of my lucidity.