Excusez-moi du peu. Du peu de temps passé au blogounet ces derniers temps, c’est que justement il m’en fallait du temps, pour reposer mes 29 printemps ! Pour faire 29 fleurs de ces 29 années, pas une ne manque à mon bouquet (je les ai comptées). Si des signes, il faut partout reconnaître, peut-être qu’être née un 20 mars explique, mes joues pleines de DHEA et la jeunesse, que toujours, on me prête. Mais je ne ferai pas un mauvais calcul de 20+3, car si je vais au cinéma, les films avec Jim Carrey j’évite !
Par contre 300, je l’ai pas évité, j’ai même demandé à aller le voir. Il faut dire que j’avais été échaudée par Sin City. Dans ce dernier opus, las, ce que j’ai vu m’a laissée coite (mais pas longtemps je vous rassure). Disons que c’est du niveau du jeu vidéo ou d’une pub pour parfum. J’hésite entre les deux mais je n’aime ni l’un ni l’autre. Comme quoi, on ne peut pas seulement compter sur l’esthétisme pour sauver un film. En plus, quand je pense à ce que le monde antique a comme potentiel d’histoires troublantes et non conventionnelles, je me dis que le cinéma hollywoodien a décidément rater un coche dernièrement en produisant des films comme Troy ou Alexandre.
Je me suis aussi laissée tenter par Par effraction, mais je vous l’avoue, je n’en suis pas fière. A mi chemin entre la romance et le film introspectif, il nous laisse un goût de vide. Les acteurs s’en sortent bien mais on dirait que le film est trop étroit pour eux, mal ajusté. Il faudrait demander à Juliette Binoche qu’elle fasse une petite retouche.
Vraiment, les films d'Ozon laissent rarement indifférent. Il y a toujours un petit quelque chose qui nous titille quand on en sort. En réalisant Angel comme une sucrerie, il n'a pas oublié la petite touche d'acidité qui rend les choses moins simplettes que notre jeune héroïne écrivain les rêve. Car Angel est un tout. C'est un film, c'est son héroïne, mais c'est aussi les romans qu'elle écrit. Angel, c'est le concept de la manipulation entre le réel et le rêve. Ainsi, par sa foi en son talent, la jeune fille va transformer sa vie pour en faire un roman à l'eau de rose. Certes, c'est de mauvais goût, mais comme le reconnaît le personnage de Charlotte Rampling, elle en devient attachante par sa conviction et sa faculté à réaliser, au sens propre de faire devenir réel, ses fantasmes. Ainsi, on peut se demander si elle n'est pas elle-même l'auteur du film tant il tend à lui ressembler dans son kitsch, dans son manque de retenue, dans ses stéréotypes, dans son nom, dans ses photomontages mal raccordés comme on savait si bien les faire au XIXème siècle. Angel met les gens qui l'entourent dans des cases, comme les personnages de ses romans, en leur applicant ses désirs à elle. Ainsi, des personnages de films deviennent des personnages de roman sous la volonté de notre jeune réalisatrice/(teur?). Confusion des rôles entre Ozon et Angel, confusion des plans de désirs, confusion de la fiction et de la réalité. Mais quand le train déraille par la brusque irruption d'une autre volonté désirante, celle de son mari, Angel se retrouve toute perdue devant l'effondrement de ses certitudes. Et c'est un drame, pour preuve elle en meurt.
Alors, aveu de l'impossibilité de la manipulation artistique? Et bien disons que la jeune Angel a été sacrifiée mais que l'ami Ozon s'en sort plutôt bien lui. En grand illusionniste.
En hommage à Juliette Coquine, sur Icq un programme qui date de la période d'avant Msn. Si, il y avait un monde avant Msn même s'il y avait moins de webcams.
Áàðìàëåé (21:38) :
Привет :-)
Áàðìàëåé (21:38) :
HAI I RASHIN :-D
melody (21:39) :
je ne parle pas russe
Áàðìàëåé (21:40) :
Ты не знаешь русский язык?
melody (21:40) :
non, desolee
melody (21:41) :
mais un jour peut etre
Áàðìàëåé (21:42) :
Иди учи русский язык
melody (21:42) :
oui, c'est sur
Áàðìàëåé (21:43) :
SEX
melody (21:43) :
no
C'est sûr qu'après avoir vu Mads Mikkelsen dans sa superbe performance des Pommes d'Adam, on reste un peu sur sa faim avec After the wedding. Film fleuve (qui ne dure pourtant que deux heures, j'ai trouvé ça long, c'est un signe) il dépeint les retrouvailles d'un homme et de son ex qui a par ailleurs bien avancé dans la vie de son côté. Surtout de son côté matériel. Mariée à un homme riche mais bon, flanquée de trois enfants, la voilà face à ce revenant qu'il va bien falloir inclure dans sa vie. After the wedding est un film sur la filiation, la filiation choisie et celle qu'on n'a pas choisie. Bon aller, lâchons le morceau, il m'a fait penser au thème de Ma vie sans moi (si vous savez, le film qui a inspiré ce blog, lui-même) par certains côtés. En fait, il y a vraiment à boire et à manger dans la palette des émotions humaines. Je regrette seulement son aspect sérieux qui dénote de la folie douce des films danois que d'habitude je vois. Parce que oui, je vois des films danois.
Franchement, de quoi elle se plaint? Son fils à elle, il ne joue pas à la Play Station, il n'a pas Msn, encore moins un Skyblog. Son seul moment de détente c'est quand il joue du piano avec sa grand mère. Julien est un jeune adolescent adorable de délicatesse et de retenue. Il est très seul aussi.
"Mon fils à moi", très beau film de Martial Fourgeron, raconte la dérive du sentiment maternel quand toute intimité de l'enfant futur adulte est niée, bafouée, trois fois foulée du pied. Et ça fait très mal. "Mon fils à moi" est d'une violence glaçante. Le drame annoncé dès les premières images clot le film, le contenant dans des frontières bien définies qui font du cercle familial un huit clos de l'intime étouffant et perturbant. Certes, le thème n'est pas nouveau, il est même vieux comme le complexe oedipien, mais Martial Fourgeron le traite avec beaucoup de finesse. Les couleurs claires et tristes soulignent l'enfermement clinique des personnages. Et puis, il y a les acteurs. Nathalie Baye que je trouvais légèrement ringarde est magnifique de froideur et de sécheresse, Victor Sévaux donne toute sa fragilité à Julien (et redonne aussi l'espoir qu'il n'y ait pas que Doillon qui sache faire jouer de jeunes comédiens), quant à Olivier Gourmet, retranché derrière son boulot, son sport et ses lunettes, il joue le père impassible avec une telle conviction qu'on se voit devenir violent. Non mais.