
nota bene : c'est comme ça. c'est la vie.
Porca miseria, je vais plus vite au cinéma que mon ombre. Alors pour combler mon retard, ce soir, tu as le droit à trois chroniques pour le prix d'une. Dans mon ordre croissant de préférence, nous avons, vous avez :
Dangereuse séduction. On oublie. Halle Berry découvre icq mais sans l'humour de Juliette Coquine. Absolument aucun intérêt sauf le plaisir de se faire inviter au ciné. Mais c'était peut être là le danger?
A casa nostra. Déjà c'est un film italien, alors j'ai un biais positif en sa faveur. Ensuite, le sujet est pas mal du tout puisqu'il parle des relations que l'on peut avoir avec l'argent, quand on en manque, quand on en a trop, quand on ne pense qu'à ça. Le film se présente comme un Short Cut à l'italienne avec des destins qui se croisent et se mêlent. Seulement, tout le monde ne peut pas avoir la poésie des récits de Carver alors on en reste un peu là. En bref, un bon téléfilm sur un thème qui touche en Italie ,à savoir la corruption. A casa nostra, veut dire que le pays appartient à tous ses habitants et non pas seulement à une minorité qui le pille. En français, on traduirait ça par "la france tu l'aimes et tu la niques" mais il est tard alors tu m'excuses. En plus il y a une italienne qui s'appelle Elodie. On n'a jamais vu ça en Italie. En plus, elle est blonde. Allez savoir.
Enfin, le chouchou du coeur sur l'amour platonique, le film que je n'ai imposé à personne parce que parfois, il faut savoir avoir des plaisirs solitaires, c'est Ne touchez pas à la hache de Rivette avec la grande Jeanne Balibar, le boîteux Guillaume Depardieu, la vieille Bulle Ogier, l'ancestral Michel Piccoli. C'est un film romanesque qui prend exactement la mesure du temps au XIXème siècle. Peu de précipitation, beaucoup de retenue, on s'écoute parler, on s'écrit, on danse le quadrille d'un air appliqué. On regarde les horloges. On oublie de les remonter. On rate l'heure. On rate sa vie. On arrive trop tard. La duchesse est déjà morte. Ce n'est plus qu'un poème.
Dis donc, on a de la chance cette année, on va pouvoir choisir entre la droite et la droite de la gauche. C'est pas comme il y a cinq ans exactement, où le lundi matin, je me retrouvais pour un oral d'entrée à un certain institut d'études politiques à répondre péniblement à "Croyez-vous que la France soit en danger?".
En 2007, on est tous rassurés, la sécurité va régner quelle que soit l'issue de ce formidable momentum démocratique que constituent les élections présidentielles de la République française fière de son identité nationale.

Décidément, malgré mes efforts répétés pour ne pas m'intéresser de près ou de loin à la campagne présidentielle (histoire de faire un choix enlighted), elle a finalement fini par faire irruption dans ma vie, mais comme toujours en ce qui me concerne, par le petit bout de la lorgnette. Là où je l'attends le moins. C'est à dire dans mes rêves.
Hier nuit, j'étais dans une ville inconnue où plusieurs meetings avaient lieu. L'atmosphère était très tendue et les gens se déplaçaient par meutes en gesticulant très fort. Moi personnellement, j'étais pour Ségolène alors je devais me rendre à une conférence du PS qui avait lieu sur la place du village avec des estrades pour les supporters. La candidate commence son discours et comme les trois autres personnes autour de moi je me lève, enthousiaste, en applaudissant très fort. Et à ce moment, on se rend compte qu'on est les seuls à s'être levés et tout le monde nous regarde de façon très antipathique. On comprend trop tard qu'on est une minorité qui sera bientôt opprimée. En attendant, face à Ségolène apparaît Cécilia (elle-même!!!!)(mais comme je ne savais plus trop comment la représenter dans mon rêve elle prenait les traits de Nathalie Marquay), elle est vêtue de Dior de la tête aux pieds et porte des immenses colliers dorés. Les deux commencent à se tirer les cheveux et le chaos le plus total s'installe dans l'arène. C'est alors qu'on en profite, des garçons et moi, pour faire l'amour sous les gradins.
Comme je voulais faire mentir mon adage personnel comme quoi mes nuits sont plus belles que mes jours, le lendemain je me suis pointée au premier meeting politique sous la main pour voir s'il y avait moyen de se faire serrer. Manque de bol, c'était Bayrou à Bercy. Merci pour le centre mou. Les jeunes de l'udf même pas dans mes rêves. Bayrou, de gauche, ahahha, t'as qu'à aller à ses meetings pour voir s'il a l'air bien propre sur lui le peuple de gauche. Pas du genre à traîner à République. Sinon, la démagogie à fond les ballons a bien marché à voir l'air réjoui de mes voisins. Moi, comme un ballon, ça m'a aussi vite gonflée, parce que ce qu'il représente c'est surtout le vide laissé par une campagne ratée. Une baudruche en somme. En attendant de faire psshhhiiiittt....

nota bene : le meeting de Bayrou, ça m'a fait penser aux soirées seven to one. Tu crois que c'est une soirée/de la politique, et non, en fait, c'est le club Mickey.

nota bene : François Bayrou comme dans un rêve. Je me suis cassée quand il a cité un poème d'Aragon, un centriste renommé.
Attention, film bien, prévoir ses lunettes de soleil.
Ce qu'on aime avec Danny Boyle c'est d'abord qu'il s'appelle Danny et ensuite qu'il fait quand même des films marquants. Trainspotting et 28 jours plus tardf, films très structurants du désordre de mon psychique. Par exemple. Et son dernier petit bébé s'appelle Sunshine et raconte l'histoire d'une mission spatiale partie larguer une bombe nucléaire pour raviver notre astre solaire mourant. Dans ce dernier opus, Mr. Boyle s'attaque au genre SF mais les aspects qu'il retient sont définitivement du côté du rêve et non pas du côté hard science. Parce que la nerd que je suis vous dira que nan nan, le soleil il va s'éteindre dans 5 milliards d'années et non pas en 2050. Et puis Mr. Murphy, il est pas très crédible en tant que Dr. es physique nucléaire. Mais soit. C'est du cinéma. C'est du rêve. Et le rêve marche tellement bien, que lorsqu'on ferme les yeux, on se voit tomber, tomber sur la surface incandescente. Et quand on ouvre les yeux, nos deux globes deviennent le reflet même du feu. Puis le feu.