Apparemment, avec L'année suivante, je commence à penser qu'habiter en banlieue file des maladies mortelles. Même graves mortelles. Dans Ceux qui restent,
Bertrand joué par Vincent Lindon (qui habite Champigny, pour les connaisseurs, ligne A du RER) prend tous les jours le bus 175 (il y quelqu'un qui connaît le bus 175?) pour rendre visite
à sa femme atteinte d'un cancer du sein en stade terminal (au secours!).
La banlieue, le cancer, Vincent Lindon. La déprime quoi. Pourtant, le film d'Anne Le Ny, c'est un peu plus que de la déprime, c'est carrément de la dépression en barre. Pourtant, il y a bien Lorraine, incarnée par Emmanuelle Devos, qui étrangère au monde hospitalier détonne par ses couleurs et ses éclats (d'ailleurs sa carte de visite en forme de laptop, trop top). Qui va même réussir à faire bander Bertrand. Oh pardon. Qui va même réussir à l'"aider à vivre, à rire et à continuer d'aimer" (allocine). Mais leurs amours sont condamnées par la rémission du copain de Lorraine et le delta charly de la partenaire de Bertrand. Non, mais à part ça, c'est un film très bien. Tout bien comme il faut. Enfin, j'avais vraiment trop envie de pisser pour apprécier. Mais il n'y avait pas assez de brouillard.
La banlieue, le cancer, Vincent Lindon. La déprime quoi. Pourtant, le film d'Anne Le Ny, c'est un peu plus que de la déprime, c'est carrément de la dépression en barre. Pourtant, il y a bien Lorraine, incarnée par Emmanuelle Devos, qui étrangère au monde hospitalier détonne par ses couleurs et ses éclats (d'ailleurs sa carte de visite en forme de laptop, trop top). Qui va même réussir à faire bander Bertrand. Oh pardon. Qui va même réussir à l'"aider à vivre, à rire et à continuer d'aimer" (allocine). Mais leurs amours sont condamnées par la rémission du copain de Lorraine et le delta charly de la partenaire de Bertrand. Non, mais à part ça, c'est un film très bien. Tout bien comme il faut. Enfin, j'avais vraiment trop envie de pisser pour apprécier. Mais il n'y avait pas assez de brouillard.
par Melimelo
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Flims
par Melimelo
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lux fiat
Le problème avec La fille coupée en deux de Claude Chabrol, c'est que dès le début on n'y croit pas du tout. Les portraits vite brossés que ce soit pour la bourgeoisie
décadente ou le milieu artistique perverti, ne permettent pas d'adhérer à la critique sociale que pourtant, on sent bien que s'il y avait moyen, ce serait facile de...
Le personnage de Garbrielle n'apporte pas du tout le potentiel de trouble qu'il pourrait susciter. Il faut dire que partouzes et colocation avec sa mère sont des activités difficilement compatibles (comment ça je manque d'imagination?). Bref, Ludivine Sagnier, je l'avais trouvée plus ambiguë dans 8 femmes en pyjama en pilou pilou, ici elle nous livre juste une petite oie blanche amourachée. Sans plus. Et finalement sans grande saveur.
Donc si on doit laisser tomber le côté réaliste de La fille coupée en deux, il reste la fable morale. Et là, je sens bien que quelque chose m'échappe. Car si cette fille à qui tout souriait a été littéralement coupée en deux à grands coups de scie sauteuse par les deux hommes qui s'acharnaient sur elle, son amour finalement est resté entier. Elle n'a pas beaucoup été partagée sur ce chapitre. Est-ce que le numéro de prestidigitation final signifie que nos déchirements ne sont qu'une illusion? Pourtant, la réalité de sa condition minable la montre diminuée, la moitié d'elle-même, privée de son amour. Il faut dire que depuis que je suis rentrée, si j'essaie de réfléchir plus de trente secondes à la suite, j'écope d'une migraine assommante. Merci Chabrol.
Sinon, la dernière scène de découpe m'a quand même rappelé un drôle de rêve que j'avais fait lors d'une rupture douloureuse. Dans le rêve, j'étais une petite fille avec d'autres enfants à l'extérieur d'une grande bâtisse, un soir de tempête et tout était très sombre. Je portais des bottes caoutchouc jaunes et je ne sais pas pourquoi, bien qu'ayant à peine dix ans (dans mes rêves), je m'étais aperçue que j'avais des poils sur les jambes et j'avais alors entrepris de les enlever grâce à une pince à épiler. C'est alors que, par un geste maladroit, je me tranchai la jambe nettement, en dessous du genou. Me voici avec un morceau de jambe et il fallait se mettre à l'abri de la tempête, rappelez vous. J'essayai alors de recoller cette jambe morte par tous les moyens en la maintenant très fort contre le moignon qu'il me restait. Mais la jambe passait alors d'un état de décomposition tout flapi à une autre phase où la partie tranchée ressemblait à de la coppa. Bref, impossible de la recoller durablement. Je la gardai ainsi acollée à ma jambe essayant péniblement de m'en servir comme une prothèse morte et je rejoignis les autres gamins dans un abri alors que le vent soufflait, soufflait.
Quand je vous dis que je ne suis pas que la moitié d'une conne.
Le personnage de Garbrielle n'apporte pas du tout le potentiel de trouble qu'il pourrait susciter. Il faut dire que partouzes et colocation avec sa mère sont des activités difficilement compatibles (comment ça je manque d'imagination?). Bref, Ludivine Sagnier, je l'avais trouvée plus ambiguë dans 8 femmes en pyjama en pilou pilou, ici elle nous livre juste une petite oie blanche amourachée. Sans plus. Et finalement sans grande saveur.
Donc si on doit laisser tomber le côté réaliste de La fille coupée en deux, il reste la fable morale. Et là, je sens bien que quelque chose m'échappe. Car si cette fille à qui tout souriait a été littéralement coupée en deux à grands coups de scie sauteuse par les deux hommes qui s'acharnaient sur elle, son amour finalement est resté entier. Elle n'a pas beaucoup été partagée sur ce chapitre. Est-ce que le numéro de prestidigitation final signifie que nos déchirements ne sont qu'une illusion? Pourtant, la réalité de sa condition minable la montre diminuée, la moitié d'elle-même, privée de son amour. Il faut dire que depuis que je suis rentrée, si j'essaie de réfléchir plus de trente secondes à la suite, j'écope d'une migraine assommante. Merci Chabrol.
Sinon, la dernière scène de découpe m'a quand même rappelé un drôle de rêve que j'avais fait lors d'une rupture douloureuse. Dans le rêve, j'étais une petite fille avec d'autres enfants à l'extérieur d'une grande bâtisse, un soir de tempête et tout était très sombre. Je portais des bottes caoutchouc jaunes et je ne sais pas pourquoi, bien qu'ayant à peine dix ans (dans mes rêves), je m'étais aperçue que j'avais des poils sur les jambes et j'avais alors entrepris de les enlever grâce à une pince à épiler. C'est alors que, par un geste maladroit, je me tranchai la jambe nettement, en dessous du genou. Me voici avec un morceau de jambe et il fallait se mettre à l'abri de la tempête, rappelez vous. J'essayai alors de recoller cette jambe morte par tous les moyens en la maintenant très fort contre le moignon qu'il me restait. Mais la jambe passait alors d'un état de décomposition tout flapi à une autre phase où la partie tranchée ressemblait à de la coppa. Bref, impossible de la recoller durablement. Je la gardai ainsi acollée à ma jambe essayant péniblement de m'en servir comme une prothèse morte et je rejoignis les autres gamins dans un abri alors que le vent soufflait, soufflait.
Quand je vous dis que je ne suis pas que la moitié d'une conne.
par Melimelo
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Je suis arrivée. J'y suis arrivée. Après quatre semaines. Un mois dans la nature. A se découvrir des instincts de survie. A se sentir pousser des muscles dans les jambes et dans les épaules. A
monter et remonter puis descendre et redescendre. A manger du pain très matériel en haut de cols. A devenir sauvage. Au monde. Au bruit. A dormir sans rien. Sans tente, sans refuge, sans abri. A
faire de mauvaises rencontres comme un orage, la grêle, la pluie. A perdre ses cartes. A se nourrir de myrtilles, de fraises des bois, de pommes sauvages, de framboises, de prunelles. A en être
malade. A se débrouiller seule. Pendant une semaine. A marcher pour se réchauffer et tomber dès que le soleil pointe un rayon. A pleurer. A rencontrer des bergères. Et des troupeaux de patous. A ne
plus aimer les gens. A puer à s'en dégoûter. A faire peur aux familles qui rappèlent leurs progénitures quand elles me voient arriver. A ne plus lire, à ne plus parler. A
écouter le silence plein. A admirer les petites marmottes trop trop mignonnes qui mangent les fleurs bleues trop trop jolies. A faire peur aux chamois, aux bouquetins. A traquer le gypaète. A
attirer les mouches. Même que ça en devient gênant. D'où ma célèbre maxime : "entre une bouse et moi, les mouches me préfèrent". A se laver au torrent glacé. Pas tous les jours. A recevoir un bol
de soupe aux orties, une couverture pour une nuit, un briquet. A se faire brûler les mains en haut du brévent. A se faire adopter par un couple qui était parti sans leur fille. A savoir se protéger
des vents. A retrouver les chemins de campagne. A retrouver son chemin. En se perdant. A dormir dans une chapelle. A pisser dans le brouillard alors qu'on a rencontré personne de la journée et à
entendre derrière soi "Non, non, ne vous dérangez pas, je ne fais que passer, je ne regarde pas". A manger des nouilles chinoises. A manger des soupes Knorr. A manger des soupes Maggi. A manger des
nouilles chinoises. A garder le Boursin. A faire transpirer le Boursin. A garder le Boursin. A jeter le Boursin. A se lever à cinq heures. Pas tous les jours. A gravir les pierres. Les grandes
pierres. A escalader les rochers. A crapahuter. A glisser. A avancer. Tous les jours. Chaque jour.
A nos montagnes. A nos amours.
Dommage que je sois si pauvre d'écriture, j'aurais voulu vous conter ma grande histoire avec plus de délicatesse mais les grands espaces rendent rugueuse l'imagination. Et un certain recul de l'esprit s'est opéré qu'il me faudra sans doute quelques jours pour récupérer. Comme quoi cette expérience a été très peu intellectualisée. Et pleinement vécue. Pour mes longues vacances, j'ai en effet décidé d'effectuer La Grande Traversée des Alpes chemin de Grande Randonnée (GR5) qui pour sa partie française part du lac Léman (Saint Gingolphe) pour arriver à Menton (variante par le GR52 qui permet la traversée de la vallée des Merveilles). Le chemin traverse ainsi le massif du Mont Blanc (avec une partie commune avec le Tour du Mont Blanc que j'avais effectué en 2003)(c'est la Yote, là où je suis née), le parc de la Vanoise, du Queyras, du Mercantour. Normalement, il se finit à Nice (avec une prolongation possible avec le GR20 en Corse, mais pour moi c'est de l'histoire ancienne qui date déjà de 2002) mais on peut aussi arriver à Menton ce qui est à mon sens plus intéressant. On peut aussi choisir de faire la variante dite haute montagne dans la Vanoise qui vaut vraiment le coup, et d'aller en Italie quelques heures avant le Queyras si le coeur vous en dit (il m'en disait bien à moi) pour crever de soif. C'est une itinérance qui se fait avec un rythme soutenu en quatre semaines mais très bien en cinq si les genoux et les pieds tiennent le coup. Voilà. Ca décale vraiment, à un point que vous n'imaginez pas. Et même si j'en avais envie, reprendre le blogounet n'est pas une mince affaire. Alors le boulot, je ne vous en parle même pas. J'ai l'impression d'avoir la tête ankylosée comme le reste de mon corps. En souffrance et en instance. Je vais peut être attendre un peu pour le retour des blagues débiles et me faire quelques séances de ciné pour la reprise de contact avec mon univers parisien. Enfin la semaine prochaine. Enfin si je ne me fais pas bergère d'ici là. Sans blague. J'y pense.
Et un merci spécial à Alex, Benoît, Tilman, Danny qui ont participé pour un temps à la Chouchou Survival Academy. Et qui ont survécu. Même si c'était pire que l'armée. Disent-ils. Mais où sont les hommes?
A nos montagnes. A nos amours.
Dommage que je sois si pauvre d'écriture, j'aurais voulu vous conter ma grande histoire avec plus de délicatesse mais les grands espaces rendent rugueuse l'imagination. Et un certain recul de l'esprit s'est opéré qu'il me faudra sans doute quelques jours pour récupérer. Comme quoi cette expérience a été très peu intellectualisée. Et pleinement vécue. Pour mes longues vacances, j'ai en effet décidé d'effectuer La Grande Traversée des Alpes chemin de Grande Randonnée (GR5) qui pour sa partie française part du lac Léman (Saint Gingolphe) pour arriver à Menton (variante par le GR52 qui permet la traversée de la vallée des Merveilles). Le chemin traverse ainsi le massif du Mont Blanc (avec une partie commune avec le Tour du Mont Blanc que j'avais effectué en 2003)(c'est la Yote, là où je suis née), le parc de la Vanoise, du Queyras, du Mercantour. Normalement, il se finit à Nice (avec une prolongation possible avec le GR20 en Corse, mais pour moi c'est de l'histoire ancienne qui date déjà de 2002) mais on peut aussi arriver à Menton ce qui est à mon sens plus intéressant. On peut aussi choisir de faire la variante dite haute montagne dans la Vanoise qui vaut vraiment le coup, et d'aller en Italie quelques heures avant le Queyras si le coeur vous en dit (il m'en disait bien à moi) pour crever de soif. C'est une itinérance qui se fait avec un rythme soutenu en quatre semaines mais très bien en cinq si les genoux et les pieds tiennent le coup. Voilà. Ca décale vraiment, à un point que vous n'imaginez pas. Et même si j'en avais envie, reprendre le blogounet n'est pas une mince affaire. Alors le boulot, je ne vous en parle même pas. J'ai l'impression d'avoir la tête ankylosée comme le reste de mon corps. En souffrance et en instance. Je vais peut être attendre un peu pour le retour des blagues débiles et me faire quelques séances de ciné pour la reprise de contact avec mon univers parisien. Enfin la semaine prochaine. Enfin si je ne me fais pas bergère d'ici là. Sans blague. J'y pense.
Et un merci spécial à Alex, Benoît, Tilman, Danny qui ont participé pour un temps à la Chouchou Survival Academy. Et qui ont survécu. Même si c'était pire que l'armée. Disent-ils. Mais où sont les hommes?
par Melimelo
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