Je suis arrivée. J'y suis arrivée. Après quatre semaines. Un mois dans la nature. A se découvrir des instincts de survie. A se sentir pousser des muscles dans les jambes et dans les épaules. A
monter et remonter puis descendre et redescendre. A manger du pain très matériel en haut de cols. A devenir sauvage. Au monde. Au bruit. A dormir sans rien. Sans tente, sans refuge, sans abri. A
faire de mauvaises rencontres comme un orage, la grêle, la pluie. A perdre ses cartes. A se nourrir de myrtilles, de fraises des bois, de pommes sauvages, de framboises, de prunelles. A en être
malade. A se débrouiller seule. Pendant une semaine. A marcher pour se réchauffer et tomber dès que le soleil pointe un rayon. A pleurer. A rencontrer des bergères. Et des troupeaux de patous. A ne
plus aimer les gens. A puer à s'en dégoûter. A faire peur aux familles qui rappèlent leurs progénitures quand elles me voient arriver. A ne plus lire, à ne plus parler. A
écouter le silence plein. A admirer les petites marmottes trop trop mignonnes qui mangent les fleurs bleues trop trop jolies. A faire peur aux chamois, aux bouquetins. A traquer le gypaète. A
attirer les mouches. Même que ça en devient gênant. D'où ma célèbre maxime : "entre une bouse et moi, les mouches me préfèrent". A se laver au torrent glacé. Pas tous les jours. A recevoir un bol
de soupe aux orties, une couverture pour une nuit, un briquet. A se faire brûler les mains en haut du brévent. A se faire adopter par un couple qui était parti sans leur fille. A savoir se protéger
des vents. A retrouver les chemins de campagne. A retrouver son chemin. En se perdant. A dormir dans une chapelle. A pisser dans le brouillard alors qu'on a rencontré personne de la journée et à
entendre derrière soi "Non, non, ne vous dérangez pas, je ne fais que passer, je ne regarde pas". A manger des nouilles chinoises. A manger des soupes Knorr. A manger des soupes Maggi. A manger des
nouilles chinoises. A garder le Boursin. A faire transpirer le Boursin. A garder le Boursin. A jeter le Boursin. A se lever à cinq heures. Pas tous les jours. A gravir les pierres. Les grandes
pierres. A escalader les rochers. A crapahuter. A glisser. A avancer. Tous les jours. Chaque jour.
A nos montagnes. A nos amours.
Dommage que je sois si pauvre d'écriture, j'aurais voulu vous conter ma grande histoire avec plus de délicatesse mais les grands espaces rendent rugueuse l'imagination. Et un certain recul de l'esprit s'est opéré qu'il me faudra sans doute quelques jours pour récupérer. Comme quoi cette expérience a été très peu intellectualisée. Et pleinement vécue. Pour mes longues vacances, j'ai en effet décidé d'effectuer La Grande Traversée des Alpes chemin de Grande Randonnée (GR5) qui pour sa partie française part du lac Léman (Saint Gingolphe) pour arriver à Menton (variante par le GR52 qui permet la traversée de la vallée des Merveilles). Le chemin traverse ainsi le massif du Mont Blanc (avec une partie commune avec le Tour du Mont Blanc que j'avais effectué en 2003)(c'est la Yote, là où je suis née), le parc de la Vanoise, du Queyras, du Mercantour. Normalement, il se finit à Nice (avec une prolongation possible avec le GR20 en Corse, mais pour moi c'est de l'histoire ancienne qui date déjà de 2002) mais on peut aussi arriver à Menton ce qui est à mon sens plus intéressant. On peut aussi choisir de faire la variante dite haute montagne dans la Vanoise qui vaut vraiment le coup, et d'aller en Italie quelques heures avant le Queyras si le coeur vous en dit (il m'en disait bien à moi) pour crever de soif. C'est une itinérance qui se fait avec un rythme soutenu en quatre semaines mais très bien en cinq si les genoux et les pieds tiennent le coup. Voilà. Ca décale vraiment, à un point que vous n'imaginez pas. Et même si j'en avais envie, reprendre le blogounet n'est pas une mince affaire. Alors le boulot, je ne vous en parle même pas. J'ai l'impression d'avoir la tête ankylosée comme le reste de mon corps. En souffrance et en instance. Je vais peut être attendre un peu pour le retour des blagues débiles et me faire quelques séances de ciné pour la reprise de contact avec mon univers parisien. Enfin la semaine prochaine. Enfin si je ne me fais pas bergère d'ici là. Sans blague. J'y pense.
Et un merci spécial à Alex, Benoît, Tilman, Danny qui ont participé pour un temps à la Chouchou Survival Academy. Et qui ont survécu. Même si c'était pire que l'armée. Disent-ils. Mais où sont les hommes?
A nos montagnes. A nos amours.
Dommage que je sois si pauvre d'écriture, j'aurais voulu vous conter ma grande histoire avec plus de délicatesse mais les grands espaces rendent rugueuse l'imagination. Et un certain recul de l'esprit s'est opéré qu'il me faudra sans doute quelques jours pour récupérer. Comme quoi cette expérience a été très peu intellectualisée. Et pleinement vécue. Pour mes longues vacances, j'ai en effet décidé d'effectuer La Grande Traversée des Alpes chemin de Grande Randonnée (GR5) qui pour sa partie française part du lac Léman (Saint Gingolphe) pour arriver à Menton (variante par le GR52 qui permet la traversée de la vallée des Merveilles). Le chemin traverse ainsi le massif du Mont Blanc (avec une partie commune avec le Tour du Mont Blanc que j'avais effectué en 2003)(c'est la Yote, là où je suis née), le parc de la Vanoise, du Queyras, du Mercantour. Normalement, il se finit à Nice (avec une prolongation possible avec le GR20 en Corse, mais pour moi c'est de l'histoire ancienne qui date déjà de 2002) mais on peut aussi arriver à Menton ce qui est à mon sens plus intéressant. On peut aussi choisir de faire la variante dite haute montagne dans la Vanoise qui vaut vraiment le coup, et d'aller en Italie quelques heures avant le Queyras si le coeur vous en dit (il m'en disait bien à moi) pour crever de soif. C'est une itinérance qui se fait avec un rythme soutenu en quatre semaines mais très bien en cinq si les genoux et les pieds tiennent le coup. Voilà. Ca décale vraiment, à un point que vous n'imaginez pas. Et même si j'en avais envie, reprendre le blogounet n'est pas une mince affaire. Alors le boulot, je ne vous en parle même pas. J'ai l'impression d'avoir la tête ankylosée comme le reste de mon corps. En souffrance et en instance. Je vais peut être attendre un peu pour le retour des blagues débiles et me faire quelques séances de ciné pour la reprise de contact avec mon univers parisien. Enfin la semaine prochaine. Enfin si je ne me fais pas bergère d'ici là. Sans blague. J'y pense.
Et un merci spécial à Alex, Benoît, Tilman, Danny qui ont participé pour un temps à la Chouchou Survival Academy. Et qui ont survécu. Même si c'était pire que l'armée. Disent-ils. Mais où sont les hommes?
Commentaires
et encore, tu n'as pas vu les bagouses...
commentaire n° : 2
posté par :
Melody
le: 23/08/2007 13:32:11
T'inquiètes, on suivait tes aventures sur YouTube
(et t'exagères, y'avait pas TANT de brouillard que ça)
*peur*
(et t'exagères, y'avait pas TANT de brouillard que ça)
*peur*
commentaire n° : 3
posté par :
boultan
(site web)
le: 24/08/2007 16:53:53
c'est vrai que c'est un peu court comme description (mais les blogs ne me semblent pas vraiment les lieux les plus appropriés pour devellopper un recit)
c'est important de partager, mais avant tout c'est important de vivre les choses (je le concède sinon elles sont difficiles à partager)
apparemment c'etait profond comme effort...
je ne sais que dire si ce n'est welcome back
(dsl je n'ai jamais été très doué pour les blagues, pourris ou non )
c'est important de partager, mais avant tout c'est important de vivre les choses (je le concède sinon elles sont difficiles à partager)
apparemment c'etait profond comme effort...
je ne sais que dire si ce n'est welcome back
(dsl je n'ai jamais été très doué pour les blagues, pourris ou non )
commentaire n° : 4
posté par :
ajusteur
le: 26/08/2007 13:51:49
moi j'veux savoir un truc, comment on fait pour travailler dans les banques ?